On commence tjrs par un petit clik :p

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# Posté le mercredi 20 juin 2007 12:08

Modifié le jeudi 21 juin 2007 11:03

Dom Juan (Molière) : Acte I, Scène 1

Dom Juan (Molière) : Acte I, Scène 1
Introduction :

En 1664, Le Tartuffe est de nouveau interdit. Pour nourrir sa troupe Molière écrit en 2 mois une autre pièce : Dom Juan.

- Scène d'exposition à relation maître-valet, portrait implicite du valet, l'intrigue avec Done Elvire
- Portrait du maître fait par le valet à C'est le Diable lui-même

Problématique : Comment Molière répond-il aux questions que se posent les spectateurs et comment réussit-il à les surprendre tout en les informant?


Explication du texte :

I - Portrait d'un séducteur :

- pèlerin à péjoratif : va de fête en fête

- 5 énumérations :
# (deux phrases) hyperboles
# (idem) croyances de Dom Juan à Ø
# (3 phrases) ternaire à ordre décroissant du plus au moins important à c'est pour le spectateur
# (4 phrases) ternaire à Dom Juan ne respecte pas le sacrement du mariage, donc il ne croit pas à la religion à prédateur des fêtes
# (5 phrases) gradation décroissante à hiérarchie

- Sganarelle se flatte de son maître à démonstratifs, etc.

- Sganarelle se donne de l'importance en utilisation quelques termes à pédant

è Molière se moque de l'intolérance de l'époque(ex : 'turc'à quelqu'un pense Ø)

è Dom Juan à héros peu sympa à séducteur / débauché / impie

II - Rapports maître – valet :
- plein d'exagérations
- Sganarelle Se prend pour un artiste à métaphore filée grossière/comique
- Souhaits de Sganarelle Rapport avec fin du texte
- Sganarelle se plaint à mais grandeur Dom Juan le soumet à (trois phrases) rythme ternaire à gradation à impuissance, lâcheté, hypocrisie à Dom Juan > volonté humaine
- Dom Juan arriveà comique à Sganarelle vient d'avouer sa lâcheté et en fait preuveà Comique du valet bouffon

è 2 personnages peu sympathiques à Maître monstre, Valet ridicule à Dom Juan nous inquiète, et nous ne faisons pas confiance à Sganarelle.


Conclusion

Molière résout le paradoxe de la scène en mettant les propos dans la bouche de Sganarelle. Ceci permet de surprendre et de séduire le spectateur tout en évitant la censure. Cette scène est originale : en nous parlant du tabac Sganarelle nous délivre les thèmes de la pièce et nous parle de Dom Juan.


POUR LE BAC : (autres axes possibles)
# portrait du méchant maître
# portrait du valet bouffon / comique
# univers de l'½uvre

# Posté le mercredi 20 juin 2007 12:12

Dom Juan (Molière) : Acte I, Scène 2

Dom Juan (Molière) : Acte I, Scène 2
Dans cette tirade, le protagoniste explique à son valet combien il est peu amusant de se donner pour un seul quidam et que seule la diversité peut donner du goût à la vie.

Dom Juan commente à Sganarelle que ce sont les autres qui sont dans l'erreur à aimer toujours la même personne et que le dévouement ne fait pas partie des aptitudes des grands de ce monde. Comme il nous est démontré par les métaphores à partir de la strophe 47 : " ...de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ". Si le changement, le mouvement sont ses qualités, il ne cherche guère la continuité.

Et pourquoi n'aurait-il le droit de s'offrir à toutes les gracieuses qui passent devant ses yeux ? Sous prétexte de quelques bonnes manières ! Et bien il les brise pour mieux jouir de sa voracité. Molière utilisera aussi un euphémisme : " je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne ", strophe 55.

L'amour qu'il éprouve pour une femme ne lui donne pas le droit de priver toutes les autres et la première ne doit pas s'accaparer de sa personne .C'est un plaisir pour lui de séduire les personnes comme on le voit à la strophe 65 " à réduire, le c½ur d'une jeune beauté , le c½ur d'une jeune beauté,... " et de remarquer chaque jour l'avancée dans le c½ur de la belle " à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait ". Il utilise un champ lexical se référant au combat (vaincre, honneur, rendre les armes...).

Dès qu'il domine la situation et que de tout son c½ur la femme qu'il a séduite l'aime alors il n'y a plus de profit à retirer, de petits amusements que permet la vie lorsque l'on offre son c½ur. La scène devient lassante " nous nous endormons dans la tranquillité, strophe 76 " et très vite il faut trouver une autre proie.

Son souhait le plus cher est de ne jamais s'arrêter et de courir de femmes en femmes, de trophées en trophées. Déjà il annonce que rien ne l'arrêtera dans sa folle course vers l'enfer. Il souhaite d'autres mondes alors que sa fin est imminente.

Molière montre le cynisme d'un homme qui refuse de croire que le temps peut apporter la sérénité et d'autres mérites mais ne cherche qu'à faire céder toutes les femmes.
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# Posté le mercredi 20 juin 2007 12:20

Dom Juan(Molière) : Acte III, scène 2

Dom Juan(Molière) : Acte III, scène 2
Texte : ACTE III, scène 2 - Dom Juan, Sganarelle, Francisque.


SGANARELLE. Enseignez-nous un peu le chemin qui meine à la Ville.

LE PAUVRE. Vous n'avez qu'à suivre cette route, Messieurs, et détourner à main droite quand vous serez au bout de la forest. Mais je vous donne avis que vous devez vous tenir sur vos gardes, et que depuis quelque temps, il y a des voleurs icy autour.

D. JUAN. Je te suis bien obligé, mon amy, et je te rends graces de tout mon coeur.

LE PAUVRE. Si vous vouliez, Monsieur, me secourir de quelque aumosne.

D. JUAN. Ah, ah, ton avis est interessé à ce que je vois.

LE PAUVRE. Je suis un Pauvre homme, Monsieur, retiré tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manqueray pas de prier le Ciel qu'il vous donne toute sorte de biens.

D. JUAN. Eh, prie-le qu'il te donne un habit, sans te mettre enpeine des affaires des autres.

SGANARELLE. Vous ne connoissez pas Monsieur, bon homme, il ne croit qu'en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit.

D. JUAN. Quelle est ton occupation parmy ces arbres ?

LE PAUVRE. De prier le Ciel tout le jour pour la prosperité des gens de bien qui me donnent quelque chose.

D. JUAN. Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ?

LE PAUVRE. Helas, Monsieur, je suis dans la plus grande necessité du monde.

D. JUAN. Tu te moques, un homme qui prie le Ciel tout le jour ne peut pas manquer d'estre bien dans ses affaires.

LE PAUVRE. Je vous asseure, Monsieur, que le plus souvent je n'ay pas un morceau de pain à mettre sous les dents.

D. JUAN. Voila qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins ; ah ah, je m'en vais te donner un Louis d'or tout à l'heure pourveu que tu veuilles jurer.

LE PAUVRE. Ah, Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ?

D. JUAN. Tu n'as qu'à voir si tu veux gagner un Louis d'or ou non, en voici un que je te donne si tu jures, tiens il faut jurer.

LE PAUVRE. Monsieur.

D. JUAN. A moins de cela tu ne l'auras pas.

SGANARELLE. Va, va, jure un peu, il n'y a pas de mal.

D. JUAN. Prens, le voila, prens te dis-je, mais jure donc.

LE PAUVRE. Non Monsieur, j'ayme mieux mourir de faim.

D. JUAN. Va va,] je te le donne pour l'amour de l'humanité. Mais que voy-je là, un homme attaqué par trois autres ? la partie est trop inégale, et je ne dois pas souffrir cette lascheté.

(Il court au lieu du combat.)

Molière, Dom Juan


Problématique : Qui sortira vainqueur de cette scène qui illustre un aspect de la philosophie libertine ?


I - Un nouveau défi

à Manifestation théâtrale de l'athéisme.
• Cette scène constitue une parenthèse dans l'action. Son mépris du pauvre illustre son irréligiosité et la coupure brusque de la fin montre son sens de l'honneur.
à Un nouveau défi : le sacrilège.
• 3 répliques = les 3 tentatives du diable dans le désert pour tenter Jésus ?
• Gradation dans l'ordre de jurer : « Que tu veuilles =>jure donc => il faut jurer ».
à Endurcissement au pêché.
• Dom Juan se moque du Pauvre.
• Dom Juan se passe de dieu.


II - Un double affrontement

à Dom Juan et le pauvre.
• Le pauvre caractérise Dieu ; il pose de fausses questions au pauvre pour l'ironiser.
• Le pauvre se pose en infériorité pour susciter de la pitié.
à Duel à son désavantage.
• Le pauvre résiste à Dom Juan.
• Dom Juan donne l'écu au pauvre d'un air supérieur :
à pour échapper au plus vite à la situation qui tourne en sa défaveur
à ou pour remplacer la supériorité de parole qu'il n'a pas eu.
à Dom Juan et Dieu : Dom Juan veut montrer l'inexistence de Dieu par des paroles logiques ; en donnant l'écu au pauvre il fait ce que Dieu n'est pas capable de faire.
à Fonction des affrontements.
• Le pauvre à une figure symbolique : il prend la place de Dieu pour lui montrer le droit chemin.
• La forêt est le symbole de la perdition.
• La parole de Dom Juan est marquée d'inefficacité : préfigure le dénouement final.


III - Une scène subversive (qui détruit l'ordre établi)

à L'attitude ambiguë du pauvre : Il représente les croyants et pourtant il prie pour la prospérité.
• Attitude ambiguë de Sganarelle : il condamne l'attitude impie de son maître et conseille au pauvre de jurer (pour apaiser la tension) ?
• Sens de la scène : quelle condamnation ?
à Molière condamna les faux dévots.
à De la religion bafouée à son tour après le mariage


Molière construit son personnage en détruisant par ses paroles et ses actes les valeurs de son siècle. Molière présente l'échec de la parole de Dom Juan. Derrière cette confrontation dramatique, c'est Molière que nous entendons condamner les attitudes religieuses de son temps et esquisser à travers son héros les contours de l'humaniste athée. Molière prépare le 18ème siècle.

# Posté le mercredi 20 juin 2007 12:38

Dom Juan(Molière) : Acte V, scène 5 et 6 : le dénouement

Dom Juan(Molière) : Acte V, scène 5 et 6 : le dénouement
Impie : se moque de Dieu

Introduction

Molière, XVIIe siècle, comédie.

Après Tartufe, Molière publie Dom Juan en 1665 qui met en scène un libre penseur d'une ampleur exceptionnelle.
Présenter cet extrait dans lequel Dom Juan rencontre la statue et l'invite à dîner.


Analyse méthodique

I. La fin tragique d'un héros de comédie

Fatalité du dénouement, apparition de spectre.
Un spectre à deux visages : femme voilée, représentation de la femme bafouée.

Temps : Dom juan vit au jour le jour, il oublie son passé, ignore l'avenir.
La statue impératif (sentence, jugement dernier cf. bourreau, festin de pierre)

Messager de Dieu les choses sont jouées, plus de conditionnel « arrêtez ». Dom Juan ne peut plus s'échapper. La statue est la figure du destin.
Champ lexical religieux : Ciel, flamme, tonnerre qui tombe de...la puissance du destin.


II. Le défi de Dom Juan

Dom Juan se voit infliger un châtiment à la hauteur de ses péchés : la mort.
Il a enfin un adversaire à sa taille : seul Dieu peut le stopper. Mais il refuse la domination de son destin, dans le sens ou il l'affronte et il meurt debout.
Il reste lui-même, matérialiste, rationaliste jusqu'au bout.
« Oui, où faut-il aller ? » Il se met en face de son destin. Dom Juan est d'autant plus grand que Sganarelle est pitoyable.


Conclusion

Le dénouement était prévisible dès l'acte 3, mais il se fait attendre et est précipité en 2 scènes. Ceci est contraire au dénouement classique car tous les personnages ne sont pas réunis sur scène et leur sort n'est pas fixe. Ce dénouement est ambigu. Au premier degré, la pièce finit bien et Dom Juan est puni pour ses méfaits, mais au second degré, en défiant le destin, Dom Juan est un personnage hors du commun. D'autre part Sganarelle, le garant de la morale se montre pitoyable en réclament son argent à la mort de son maître. De plus, l'intervention du merveilleux comme manifestation divine n'est pas forcement crédible donc on peut se demander si Molière est sincère en faisant mourir son personnage ou si il se préserve de la censure. Dom Juan subit il une défaite ? Le « oh ciel » vient de la douleur physique et sa dernière parole lucide est « non ». Toute la puissance du ciel peut écraser physiquement un homme mais elle ne peut rien contre la liberté de conscience et de pensée.

# Posté le mercredi 20 juin 2007 12:39